[Critique] Split

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Au regard du curriculum vitae de M. Night Shyamalan (Sixième Sens, Incassable), mais aussi d’un pitch qui faisait montre d’une belle ambition, Split aurait pu être un des grands films de cette année. Aurait pu.

La proposition du nouveau long-métrage de M. Night Shyamalan était diablement séduisante : pendant presque 120 minutes, le spectateur allait découvrir puis rester au plus près du cerveau « dissocié » de Kévin, un jeune homme logeant dans sa tête 23 personnalités distinctes. Pas moins.

Campé par un James McAvoy impressionnant de justesse – et de souplesse pour passer d’une personnalité à une autre – Kévin voit rapidement sa lutte intestine le pousser à kidnapper trois adolescentes à la sortie d’un anniversaire, dans un épisode d’ailleurs remarquablement mis en scène. Retenues prisonnières dans la maison du garçon, les jeunes femmes, menées par la très expressive Anya Taylor-Joy (The Witch), vont alors découvrir avec le spectateur les multiples facettes de ce dernier, passant du gamin idiot au philosophe illuminé, en même temps que la raison de leur présence ici – guère enviable, vous vous en doutez.


L’aspect schizophrénique du personnage représente le principal intérêt du film et fait presque oublier que trois adolescentes sont séquestrées dans la cave du garçon, alors qu’une menace létale s’accroît de minute en minute. Sans démonstration de violence, avec des touches d’humour distillées aux bons moments, M. Night Shyamalan parvient à installer un climat paradoxal assez saisissant. La progression du récit passe par la rencontre puis par les accointances qui se créent entre les victimes et leurs geôliers. C’est en « manipulant » les diverses personnalités qui sommeillent en Kévin que nos kidnappées vont s’ouvrir une porte de sortie. En résulte une première heure passionnante, où l’on passe comme nos héroïnes d’espoirs en surprises, de la peur à l’abattement.

Malheureusement, c’est quand la menace se matérialise dans la seconde partie que le long-métrage rentre dans le rang. À la fascination exercée par les transformations de James McAvoy succède une violence brute inscrite dans une narration beaucoup plus conventionnelle, celle qui oppose une menace sauvage et buté à des victimes revigorées qui n’ont plus rien à perdre.

Si Split est une lettre d’amour à l’acteur de cinéma, lue par un brillant James McAvoy, on ne peut s’empêcher de penser que M. Night Shyamalan n’a pas su exprimer le plein potentiel de son idée de base. D’autant plus que le spectateur tatillon notera qu’on lui a vendu une marchandise bien moins variée que celle qu’on lui a promise. Reste que Split divertit sans mal, et qu’on vous le recommande, mais avec des intentions pareilles, il aurait pu offrir bien plus !



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