[Critique] Logan, un bel adieu pour Hugh Jackman ?

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Tout débute par une interrogation. Comment allons-nous quitter Wolverine à la fin de la projection ? Car oui, Logan est bien le dernier film dans lequel son acteur vedette, l’australien Hugh Jackman, interprète le célèbre mutant. Et après l’avoir vu parcourir, non sans embûche, ce rôle durant les 17 dernières années, c’est avec une appréhension légitime que le spectateur se prépare au fond de son siège, prêt à en découdre une nouvelle fois avec l’un des personnages les plus torturés de la firme Marvel.

Un film à part

James Mangold commence son récit en posant de vrais repères. Logan n’est pas un conte de super-héros destinés aux amoureux des films positifs. S’il avait déjà réalisé le contesté (et contestable) Wolverine : Le combat de l’immortel sorti en 2013, le réalisateur américain de 53 ans semble avoir pris une toute autre direction. Logan sera sombre ou ne sera pas. Hugh Jackman lui-même avait expressément demandé à ce que ce dernier film soit en accord direct avec la série de comics de Mark Millar, Old man Logan.

On comprend rapidement que nous sommes en face d’une oeuvre à part dans la chronologie des films de super-héros de ces dernières années. Si l’on se perd à prendre en compte les Avengers, Spider-Man et autre Deadpool, Logan se met rapidement à l’écart, comme pour s’emparer d’une forme de liberté qu’il recherchait depuis longtemps. Oubliez tous les stéréotypes qui étaient ceux de Wolverine durant les huit derniers longs-métrages où il est apparu. Cette fois, le personnage se veut plus torturé que jamais. On comprend qu’au-delà d’être la fin d’une époque pour les fans, il s’agit surtout d’une partition créée sur mesure pour Hugh Jackman.

On se retrouve donc dans un monde sans mutants, ou presque, en 2029. Wolverine, malgré une santé qui se détériore, continue de survivre et cache, quelque part au Mexique, l’un de ses derniers amis en vie : le professeur Xavier. Ce dernier, qui n’est plus que l’ombre de lui-même, est protégé de son sort funeste par Caliban, que l’on avait déjà pu voir dans X-Men : Apocalypse (dans sa version jeune). Mais alors que les derniers représentants de leur race se perdent à cacher leurs pouvoirs au monde, une petite fille avec des pouvoirs similaires à ceux de Logan débarque et sera le point de départ d’une aventure bien plus périlleuse qu’il n’y paraîtrait.

Durant deux heures et quinze minutes, le film joue avec nos sentiments, tente de nous rappeler aux bons souvenirs du passé et du premier X-Men réalisé par Bryan Singer il y a 17 ans. On se remémore ces instants vécus en compagnie de Wolverine, les terribles épreuves qu’il a endurées et les événements qui ont fait de lui une machine à tuer, dont la raison a bien heureusement pris le dessus sur le côté primitif. La réalisation de James Mangold cherche avant tout à rendre hommage à cet anti-héros devenu culte aux yeux de bien des spectateurs.


Mais la force du long-métrage, c’est de réussir à créer et maintenir une ambiance pesante, laissant peu de place aux bons sentiments et à la légèreté. On s’efforce à penser que Wolverine trouvera les ressources pour mener à bien cette ultime aventure, comme si on sentait bien, les yeux rivés devant l’écran, que ce qui se déroule est bien plus grave que ce à quoi on pouvait légitimement s’attendre.

Logan prend alors des tournures de western post-apocalyptique et on comprend mieux pourquoi le réalisateur s’est dit influencé par des œuvres comme L’homme des vallées perdues ou Les Cowboys. Nous n’avons pas pu nous empêcher de remarquer que la photographie flirte avec Mad Max et les paysages désertiques dépeints par George Miller. Plus aboutie, elle détonne avec le reste de la saga.

Une ambiance tendue et maîtrisée

L’histoire qui nous est contée est sombre, violente et sans pitié. Le parti pris de vouloir coller absolument aux comics originaux et d’obtenir une classification R aux États-Unis (interdiction aux mineurs de moins de 17 ans) le rend unique par rapport à ce qui a toujours été présenté jusqu’à aujourd’hui. Bien qu’on puisse affirmer que cela aura quelques conséquences sur les résultats mondiaux du film au box-office, le fait que Hugh Jackman ait renoncé à une partie de son salaire pour permettre à la réalisation de voir le jour montre à quel point l’acteur est impliqué. Et ça se sent tout au long de la projection.

L’australien de 48 ans livre une prestation subtile, mélange de noirceur et de nostalgie, comme si dire au revoir à ce personnage signifiait la fin d’une part de vie pour lui. Son Wolverine, qu’on a aimé avec tant de hargne durant 17 ans et auquel on s’est accroché malgré ses quelques mauvaises prestations, nous donne des frissons. Il nous confirme surtout qu’il est un des super-héros les plus complexes jamais créés. Tout au long de la projection, on s’attend à tout puis à rien, comme si toutes les traces laissées jusqu’alors par l’acteur n’avaient servi à rien et qu’il s’agissait, au-delà d’une dernière représentation calculée, d’un baroud d’honneur qu’il nous faudra apprendre à garder enfoui avec nous.

Et comment ne pas évoquer la jeune Dafne Keen qui interprète Laura Kinney dans le film ? Celle qui est également nommée X-23 (nom de code du projet similaire à celui vécu par Wolverine) est bien la seconde star du long-métrage. Surprenante de justesse, extrêmement convaincante et très habile lorsqu’il s’agit de dévoiler ses sentiments, elle pourrait bien être la nouvelle Wolverine, à défaut de s’obstiner à vouloir remplacer Hugh Jackman.
Quant à Patrick Stewart, il dévoile un autre visage de son Professeur Charles Xavier, aux antipodes de ce à quoi les spectateurs s’étaient habitués. La vieillesse s’attaque aussi à celui qui est pour beaucoup le père spirituel des mutants et le créateur des X-Men et on se surprend à ne pas reconnaître un personnage qui a pourtant toujours suivi un chemin tracé pour lui.


Mais ce qui fait de Logan un film de qualité, c’est sa conviction à vouloir déjouer les attentes. Le célèbre trio action-humour-aventure cher aux productions estampillées Marvel s’efface pour laisser apparaître un objet cinématographique plus mature, certainement plus libre et au final, mieux maîtrisé. Le rythme global ne connait que de rares essoufflements qui ont néanmoins toujours un but précis pour amener la suite de l’histoire. Certains passages sont bouleversants, suscitant chez le spectateur une forme primitive d’émoi, comme pour nous rappeler que l’homme et la bête ne font qu’un chez Logan. Toutes les pièces du puzzle sont posées dans le désordre, mais tendent vers un seul et même but qu’on attend avec une impatience non dissimulée au fil des minutes.

La violence du film, stylisé, est là pour nous montrer le véritable visage de celui qu’on a tous fini par apprécier malgré les tumultes de sa vie et les quelques erreurs de parcours qui se sont insérés après plus de quinze années.

Conclusion

Logan est un grand film de super-héros et sans hésitation aucune la meilleure réalisation mettant en scène Wolverine. Hugh Jackman nous quitte sur une performance de haut vol, ponctuée d’instants poignants. On ne peut que remercier James Mangold qui a compris l’essence de ce personnage qui a été bafoué par le passé et qui méritait une sortie digne des plus grands. Véritablement à part dans la filmographie Marvel depuis le début des années 2000, le film plaira avant tout aux fans du comics et du personnage interprété avec brio par l’acteur australien. Hugh Jackman tire sa révérence de la plus belle des manières et on ne peut qu’être enjoué.



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