[Critique] John Wick 2

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L’année 2014 marquait un retour. Après un thriller appréciable sans être foufou (Knock Knock), Keanu Reeves revenait à un genre cinématographique qu’il maîtrise et qui lui a permis de développer et consolider sa notoriété actuelle. On veut bien entendu parler des films d’action. La sortie de John Wick cette année-là montrait deux choses aux spectateurs : l’amour de Chad Stahelski pour une bonne direction photographique et des scènes d’action ultra chorégraphiques et savamment mises en scène, et qu’à 50 ans Keanu Reeves est encore capable de botter des fesses comme dans sa jeunesse.

Trois ans plus tard, c’est un autre retour qui touche le cinéma, celui de John Wick avec John Wick 2. Cette suite, toujours dirigée par Chad Stahelski soulève deux questions : fait-elle aussi bien que le 1er film ? Et surtout, le fait-elle sans nous écœurer ?

Back in black

Long de 2 heures (soit 20 minutes de plus que son prédécesseur), John Wick 2 démarre littéralement sur les chapeaux de roues. Il faut dire que vous n’êtes pas là pour regarder La La Land. John Wick n’a pas le temps pour toutes les chansons de Ryan Gosling et Emma Stone. Lui, tout ce qu’il veut c’est récupérer sa voiture, volée dans le précédent film, histoire d’enfin profiter de sa retraite.

Sauf qu’une fois le véhicule retrouvé, non sans que John Wick ait fracassé un grand nombre d’ennemis sur le chemin, le repos de l’assassin sera de courte durée. Pour ne rien vous divulgâcher, disons simplement que John Wick a une dette qu’il est obligé d’honorer, et qu’elle va faire couler le sang. Beaucoup de sang. Si le tueur à gages envoyait 84 personnes ad patres dans le premier volet, ce n’est rien en comparaison du nombre de cadavres qu’il laisse derrière lui dans John Wick 2.

Du gun-fu en veux-tu en voilà

La principale force de John Wick 2 réside dans ses gunfight. Et autant vous le dire tout de suite, les amateurs de fusillades cinématographiques vont se régaler. Plus nombreuses, les scènes de gun-fu, ce mélange entre arts martiaux et armes à feu si cher au précédent volet, sont toujours aussi nerveuses, dynamiques et bien réalisées.
Les longues heures d’entraînement de Keanu Reeves au maniement des armes payent et cela se voit à l’écran. On retrouve un malin plaisir à voir l’acteur canadien enchaîner les meurtres comme on enchaîne les pistaches lors d’un apéritif.

Loin de jouer sur une caméra qui tremble et de filmer la même scène sous plusieurs angles pour en montrer toute l’intensité, Chad Stahelski préfère miser sur des objectifs anamorphiques et un effet écran large pour faire rentrer l’action en un seul plan-séquence. Cette bonne gestion de l’image permet de profiter pleinement des (nombreux) combats du film, tout en mettant en valeur le décor.

Que ce soit dans les catacombes romaines ou les couloirs du métro new-yorkais, John Wick 2 offre une photographie remarquable, signée Dan Lausten (Crimson Peak). La palme revenant à une séquence dans une galerie des glaces qui, par un adroit jeu de lumière et d’angle, parvient à casser la perception de l’espace du spectateur.

Exploration mythologique

Plus qu’à une nouvelle escapade meurtrière de Keanu Reeves, John Wick 2 s’intéresse davantage au monde caché des assassins. Voilà ce qui fait réellement de John Wick 2 une suite efficace, cette occasion qu’a le spectateur d’en apprendre plus sur cette mythologie criminelle mise en place par Derek Kolstad et Chad Stahelski. D’autant que cet univers secret, qui ne se cantonne plus à un hôtel new-yorkais, est porté par d’excellents personnages secondaires, Ian McShane en tête.

Pour John Wick 2, l’acteur britannique reprend son rôle de Winston, l’énigmatique et intriguant patron du Continental, et bénéficie d’une présence à l’écran plus significative (ce qui n’est pas pour nous déplaire).

Pour ce qui est des petits nouveaux, Ruby Rose, aperçue dans Orange is the New Black, brille ici dans son interprétation d’un assassin muet. Quant à Laurence Fishburne, nous nous garderons de dévoiler quoi que ce soit sur son rôle, si ce n’est qu’il est visiblement heureux de jouer à nouveau aux côtés de Keanu Reeves (les deux hommes se sont liés d’amitié sur le tournage de Matrix).

En six mots comme en cent : John Wick 2 colle une claque. Ne vous laissez pas avoir par ses faux airs de resucée du premier, si les scènes d’action sont plus nombreuses, contrairement aux lignes de dialogues de Keanu Reeves, le film n’oublie pas de détailler son univers pour installer une véritable mythologie criminelle (un John Wick 3 est déjà en préparation). En livrant une suite efficace à un film d’action (ce que n’étaient pas parvenues à faire les soeurs Wachowski avec Matrix Reloaded) sans tomber dans la redite grossière, Chad Stahelski instaure un nouveau standard en matière de cinéma d’action. Et honnêtement, on n’en attendait pas moins.

John Wick 2 sort au cinéma le 22 février.



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