La ministre de la Famille veut interdire l’accès aux sites pornographiques aux mineurs

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Invitée d’un blog catholique, Laurence Rossignol, ministre de la Famille, de l’Enfance, et du droit des Femmes, s’est lancée dans une violente diatribe contre « l’industrie pornographique » et milite pour interdire l’accès à ce type de contenus en ligne aux mineurs. Une volonté qui risque de se heurter à quelques considérations techniques.

capture d’écran

« La pornographie est une violence faite aux femmes, c’est une […] forme d’exploitation sexuelle pour celles qui jouent dans ces films pornographiques », affirme la ministre sur Padreblog, un blog animé par des prêtres et curés catholiques.

Outre une violence faite aux femmes, ces images « avilissantes » et plus généralement « l’accès facile à la pornographie » est aussi « une violence faite aux enfants ».

Une violence faite aux enfants

Elle dénonce le fait « qu’un enfant jeune, 11 ans, 12 ans, ait accès à des images pornographiques violentes qui vont lui donner une idée des rapports hommes/femmes et de la sexualité, qui n’a rien à voir avec ce que l’on souhaite pour lui pour être un adulte heureux ».

Des pistes sont à l’étude : « On travaille beaucoup là-dessus », assure la ministre qui se heurte à la liberté d’expression : « on se heurte -c’est assez amusant d’ailleurs- à la liberté de création, la liberté d’expression sur le net, poursuit Laurence Rossignol. On voit bien que la liberté d’expression, ça sert à tout. Et aussi à défendre la pornographie et l’accès à la pornographie sur le net », semble regretter la ministre.

Il convient donc de « refaire avec les parents la campagne de prévention sur les systèmes parentaux de verrouillage et les contrôles parentaux. Mais j’en connais la limite parce que maintenant les gamins ont des smartphones et n’ont pas besoin de contrôle parental ». Un avis partagé et dénoncé par Ovidie, ancienne actrice de X aujourd’hui réalisatrice de Pornocratie, une enquête sur ces plateformes (les « tubes ») qui proposent des milliers d’heures de contenus porno en toute gratuité : « En France, alors qu’il est interdit de laisser la pornographie accessible aux mineurs, on tolère que les tubes diffusent sans aucune restriction d’âge. Personne ne fait appliquer la loi« , explique-t-elle dans le GQ du mois de mars, avant de souligner « l’hypocrisie » des personnes s’offusquant « de voir des campagnes de prévention des infections sexuellement transmissibles sur les abribus » alors qu’on « laisse des gamins regarder des dilatations anales sur leur téléphone. »

Couper l’accès aux sites pornos

La ministre estime qu’« il faudra contraindre et fermer l’accès des sites internet » aux mineurs, malgré les difficultés techniques qui s’annoncent pour appliquer une telle mesure puisque la plupart des sites incriminés ne sont « pas en France ». « C’est ça notre problème », tance la ministre avant d’évoquer la Chine et sa capacité à censurer tout ou partie du web chinois.

« Ce qu’on ne sait pas faire non plus, c’est fermer l’accès à ces sites pour les enfants, tout en laissant l’accès pour des adultes ». Et le contrôle d’accès par carte bancaire ? « J’y suis favorable », indique la ministre. Avant de nuancer en revenant sur la limite posée par ces sites hébergés à l’étranger : « quand le site n’est pas dans la réglementation française ou même dans la volonté commune de faire […] Il faut couper l’accès ».

Laurence Rossignol persiste : « Il faut lutter contre l’industrie phonographique, ce qu’elle suppose d’avilissement pour celles et ceux qui y travaillent. Et il faut lutter contre l’accès des jeunes, des mineurs, à l’image pornographique qui est avilissante pour l’amour, l’égalité femme homme et la représentation qu’on a de ce qu’est la sexualité ».

D’après elle, le combat n’est pas dans la défense de cette industrie pornographique, « Ce n’est plus dans la liberté, on n’est plus dans les images que connaissaient nos grands-parents ».



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