[Impressions] Zelda : Breath of the Wild – Zelda est mort, c’est Nintendo qui l’a tué

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Depuis bien trop longtemps, on attendait un changement bienvenu dans la série des The Legend of Zelda. Depuis bien trop longtemps, chaque jeu qui sortait ressemblait beaucoup trop dans sa structure au maître étalon : Ocarina of Time. Depuis bien trop longtemps, la série se cantonnait à sa zone de confort pendant que d’autres jeux, d’autres développeurs, réussissaient à innover dans ce genre pourtant si grisant de l’action-aventure. Depuis son annonce en 2014, Nintendo nous avait promis que le jeu qui allait bouleverser la série serait Breath of the Wild et après de plusieurs heures, on peut dire que la promesse est largement tenue. Au point même qu’on se demande si on est encore en train de jouer à un Zelda.

La malédiction d’un jeu trop adulé

Parmi les consoles qui ont bousculé toutes les idées préconçues des game designers de Nintendo dans son histoire, la Nintendo 64 est un gros morceau. La puissance qu’a apportée cette machine à l’époque a posé la même question à toutes les grandes licences du constructeur : « comment retranscrire en 3D un game design qui a été conçu et pensé depuis toujours pour la 2D ? » Deux jeux en particulier s’en sont sortis avec brio. Il y a d’abord eu Super Mario 64 en 1996 qui a complètement revu sa structure de progression en optant pour un hub central et a adapté son level design pour adoucir au mieux les effets trompeurs de la troisième dimension. Et puis il y a eu The Legend of Zelda : Ocarina of Time en 1998. Le jeu, encore considéré par certains comme le meilleur jeu de tous les temps, a eu un impact si fort, une réponse si positive de la part de la critique et du public, que jusqu’en 2011 et la sortie de Skyward Sword, l’idée de changer cette structure alternant exploration de donjons et quête dans un vaste monde n’a même pas effleuré l’esprit de Nintendo.

Néanmoins, pour la série, cette réussite était une lame à double tranchant, car pour chaque Zelda calqué sur ce modèle, la comparaison avec Ocarina of Time était inévitable. À force de reproduire le concept ad nauseam, en ne changeant la nature de la saga qu’à la marge, la licence est entrée dans une routine certes confortable, mais de plus en plus fade. Comme ce plat que l’on aime, mais qu’on vous sert et ressert, encore et encore. En parallèle, pendant que Nintendo s’enfermait dans ses traditions, d’autres éditeurs ont démontré qu’il était possible de faire de l’aventure autrement, que ce soit Capcom avec Okami (PS2, 2006) ou Bethesda avec sa série des Elder Scrolls (dont le dernier opus, Skyrim, est sorti sur PC/Xbox 360/PS3 en 2011).

Eiji Aonuma, l’illustre producteur devenu le principal artisan de la saga après la sortie d’Ocarina of Time le reconnaît lui-même : rien n’a vraiment changé depuis cet épisode et une remise en question était nécessaire. En mars 2016, il expliquait ainsi au magazine japonais Famitsu que « la base de la recette magique a toujours été Ocarina of Time ». Travaillant encore sur un Breath of the Wild maintes fois repoussé, il prétendait ainsi que « cette fois, le changement de saveur sera le même que de celui qui consiste à passer de la cuisine japonaise à la cuisine occidentale » et que lui et son équipe « [seront] capables de faire quelque chose « d’aussi nouveau » qu’Ocarina of Time à l’époque.

En début de semaine, nous avons reçu la Switch (dont vous pouvez lire nos impressions après trois jours d’utilisation) avec The Legend of Zelda : Breath of the Wild et je pense pouvoir affirmer qu’après cinq heures de jeu que Aonuma a réussi sa mission. Le jeu n’a plus grand-chose à voir avec ses prédécesseurs. Après 21 ans, Nintendo a enfin réussi à se débarrasser du spectre d’Ocarina of Time. Et ça fait un bien fou.



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