L’invraisemblable histoire de la mort de Kim Jong­-nam, le demi-frère du dictateur nord-coréen Kim Jong-Un

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Lundi 13 février. Aéroport de Kuala Lumpur, Malaisie. Kim Jong-nam, demi-frère du dictateur nord-coréen Kim Jong-Un meurt lors de son transfert à l’hôpital de la capitale malaisienne. Les raisons sont inconnues. Crise cardiaque, attaque terroriste ou autre ? Les journaux du monde entier se focalisent sur cette affaire sans pour autant avoir de véritables réponses.


En attendant la première vraie conférence de presse, tenue par la Police malaisienne le 19 février, des rumeurs enflent. On parle d’une attaque directe à l’encontre du demi-frère du tyran Kim Jong-Un, qui exerce en Corée du Nord.

Kim Jong-Un a-t-il ordonné l’assassinat de son frère ?

Les raisons de sa mort

Kim Jong-Nam ne vit plus en Corée du Nord depuis bien longtemps. Il est même hors système. Depuis sa mise à l’écart d’une « nation » à laquelle il n’a jamais vraiment adhéré, il critique énormément son frère, sa politique et le régime du pays le plus fermé au monde. Suffisant pour se faire tuer, surtout lorsqu’on connait le caractère de Kim Jong-Un, qui avait, rappelez-vous, fait tuer l’un de ses ministres au missile anti-aérien. Mais comment cela a-t-il pu arriver, surtout en Malaisie ? La Corée du Sud, plus vieux ennemi du Nord, en est certaine : le dirigeant despote a expressément demandé à ce que son frère meure. Reste à comprendre comment on en est arrivé là.

Après analyses, on retrouve des traces d’un gaz mortel sur le visage de Kim Jong-Nam. Alors qu’on pensait au départ à une version « améliorée » du gaz sarin, il se trouve qu’il s’agit en réalité de l’agent neurotoxique VX. Il s’agit d’une version encore plus mortelle de ce fameux gaz sarin. Qui plus est, il est indolore, inodore et surtout, hautement toxique. Voilà la raison du décès du demi-frère de Kim Jong-Un. Mais comment en est-on arrivé là ?

Des inconnues et une histoire de caméra cachée

La police malaisienne se penche sur l’enquête. Une première vidéo sort. Il s’agit des caméras de surveillance de l’aéroport de Kuala Lumpur. Et les indices commencent à prendre forme. On peut y voir deux jeunes femmes se diriger vers Kim Jong-nam et l’asperger contre sa volonté, alors qu’elles se trouvaient dos à lui. Après identification des deux inconnues, les autorités procèdent à l’arrestation. L’une d’entre elle se nomme Siti Aishah, elle a 25 ans et travaille comme masseuse dans un spa. Son casier judiciaire est vierge. Mais alors pourquoi avoir tenté de tuer cet homme ?

La vidéo en question :

Son audition tourne au grand n’importe quoi. Selon la jeune malaisienne, elle n’était pas au courant qu’elle s’apprêtait à tuer Kim Jong-nam et encore moins qu’il s’agissait du demi-frère d’un des plus grands dictateurs du monde. Selon elle, « elles avaient été engagées pour une caméra cachée. Elles devaient asperger des inconnus d’un gaz non mortel et s’enfuir pour voir leurs réactions » . Problèmes rapidement remarqués par les enquêteurs :

1° Il n’y a eu aucune autre victime ce jour-là
2° Juste après avoir aspergé Kim Jong-nam, les deux femmes se séparent, mains en avant, et se dirigent vers les toilettes, très certainement pour se laver les mains

Leur version ne tient donc clairement pas. En plus des deux femmes, deux hommes sont interpellés. Au final, ils sont donc quatre à être suspectés d’avoir préparé ce meurtre. On retrouve donc le Malaisien Muhammad Farid Bin Jalaluddin, la Vietnamienne Doan Thi Huong, le Nord-Coréen Ri Jong-Chol et l’Indonésienne Siti Aishah. Un diplomate malaisien serait également concerné par l’affaire mais serait étrangement reparti, le lundi 13 février, en Corée du Nord. Or, grâce à son immunité diplomatique, il ne pourra pas être entendu à moins de se rendre directement dans un poste de police malaisien. Improbable.

Une arme chimique et des questions

Les enquêteurs tentent désormais d’apaiser les tensions avec la Corée du Nord, qui tenterait de déstabiliser le pays en affirmant qu’il est « le seul responsable du décès de Kim Jong-nam » . Ils essaient aussi de comprendre comment ce fameux gaz VX a pu arriver en Malaise aussi aisément. En effet, le VX est une arme chimique illégale, interdite par les nations unies et classifiées comme « arme de destruction massive » . Selon la Police malaisienne, elle serait arrivée au sein du pays et donc, au final, dans les mains des deux jeunes femmes par l’intermédiaire d’une valise diplomatique.


Il s’agit là d’une technique assez connue puisque ces valises ne sont pas contrôlées à la douane de la même façon que celles des touristes. Rohan Gunaratna, directeur du Centre international de recherche sur le terrorisme et les violences politiques affirme d’ailleurs que la Corée du Nord est coutumière du fait « notamment pour faire passer en contrebande des matières qui seraient soumises à des contrôles si elles transitaient par les canaux habituels » .

On attend donc de nouveaux éléments dans cette enquête qui semblent tout de même se diriger vers une seule et même conclusion : Kim Jong-Un n’appréciait que modérément son demi-frère. Et chez lui, ça peut se payer cash.



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