Strip-tease numérique bientôt requis à l’entrée des Etats-Unis ?

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L’administration Trump envisage d’exiger des voyageurs étrangers qu’ils fournissent leurs identifiants et mots de passe (réseaux sociaux, messageries personnelles, etc.), leurs contacts téléphoniques et peut-être même leurs informations bancaires. Objectif ? Protéger les États-Unis d’Amérique, évidemment.

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Jusqu’où la présidence américaine compte-t-elle aller ? Vers des processus de contrôle toujours plus extrêmes et intrusifs, semble prédire le Wall Street Journal.

Les touristes étrangers souhaitant entrer aux États-Unis pourront être forcés de fournir leurs contacts téléphoniques, leurs mots de passe de réseaux sociaux pour accéder à leur messagerie privée, ou répondre à des questions relatives à leur idéologie et même fournir leur information bancaire, indiquent des officiels de l’administration Trump, repris par le quotidien américain.

Des mesures sans précédent

« S’ils veulent vraiment venir en Amérique, ils vont coopérer. Sinon, au suivant », avait tout simplement rétorqué le ministre à la Sécurité Intérieure, John Kelly lors d’une audition au Congrès en février dernier.

« Nous voulons avoir la possibilité de consulter leurs réseaux sociaux, avec les mots de passe […] S’ils viennent [aux États-Unis], nous voulons pouvoir dire quels sites internet ils consultent et qu’ils nous donnent leurs mots de passe pour que nous sachions ce qu’ils font sur Internet ».

Des mesures qui ne s’appliqueraient pas uniquement aux voyageurs provenant des pays du Moyen-Orient, actuellement visés par le Muslim Ban (Irak, Iran, Libye, Somalie, Soudan, Syrie et Yémen) ou l’interdiction des appareils électroniques sur les vols vers les États-Unis, mais également à des pays dits alliés, comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni.

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Une efficacité à prouver

Cela offrirait un droit de regard sans précédent sur la vie numérique des citoyens du monde entier. Pour une efficacité toute relative : un terroriste avec des velléités d’attentats a peu de chance de se présenter devant les douanes américaines avec son téléphone truffé de contacts suspects, voire fichés, mais plutôt avec un téléphone et des réseaux sociaux vierges de tout soupçon.

De la même manière, les aéroports américains reçoivent chaque jour des milliers de touristes, les douanes ne peuvent filtrer l’ensemble des passagers un à un et opérera sans doute ses contrôles… au faciès. Rappelons à toutes fins utiles que les derniers attentats commis aux États-Unis l’ont été par des citoyens américains (Orlando, Boston, San Bernardino).

Malgré la polémique qui ne tarderait pas à apparaître, Trump n’a pas besoin de l’assentiment du Congrès, l’immigration étant une prérogative présidentielle, ces mesures n’ont pas besoin d’être validées par les deux chambres. Toutefois, elles doivent être conformes au droit, à l’instar du Muslim Ban, un juge fédéral pourra donc y mettre son veto.

Des conséquences à prévoir

Ces nouvelles mesures, qui ont certainement plus vocation à flatter l’électorat de Trump qu’à véritablement lutter contre le terrorisme international, ne seront pas sans conséquence notamment sur le tourisme. Les professionnels du secteur craignent déjà l’effet Trump. Un effet qui ne s’est pas fait attendre. Depuis le début de l’année, les réservations de vols venant de l’étranger ont chuté, aussi bien en provenance de l’Erope que du Moyen-Orient exception faite… de la Russie !

À toutes fins utiles l’EFF (Electronic Frontier Foundation), la puissante ONG protectrice des libertés numériques, a publié un petit guide pratique pour protéger vos données « sur votre appareil et dans le cloud » à l’approche des douanes américaines.



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