Retour sur la GameCamp 2017, le grand rassemblement de l’industrie du jeu vidéo en France

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Mercredi dernier a eu lieu le GameCamp 2017. Il s’agit d’une réunion réservée aux professionnel.le.s des métiers du Jeu vidéo. Florian Belmonte qui m’accompagne parfois sur ce genre d’événements, a pu rencontrer et partager un moment avec certaines de ces personnes.

Voici son récit. Merci à lui.

Des musicien•ne•s, des graphistes, des programmeur•se•s, des personnes du marketing, des expert•e•s juridiques, des professeur.e.s, des étudiant•e•s et bien d’autres passionnés de jeux vidéo se sont donnés rendez-vous à Lille. Au programme de ces 2 jours, des conférences, des rencontres, une master class, des études, des conseils, des tests, du réseautage, des présentations de projets, des témoignages et de nombreuses rencontres vont avoir lieu. J’ai pris beaucoup de plaisir à rencontrer ces personnes.

Elizabeth, Miryam et Diane ont travaillé sur jeu mobile « A normal Lost Phone » un titre apprécié d’un grand nombre de personnes. Accidental Queens, leur studio, a remporté plusieurs prix très importants dans l’industrie du Jeu vidéo.

Elles sont en “sprint review” : 2 fois par mois, Simon, chargé de production sur leur prochain titre se rend dans les bureaux afin de voir l’avancement du prochain jeu. Elles définissent leurs objectifs pour les deux prochaines semaines avec lui. La pression est palpable,

« La semaine est morte la, on a le Gamecamp jeudi et vendredi. Il va falloir qu’on vienne bosser dimanche pour rattraper« – Miryam la graphiste du studio.

Diane se charge de la programmation du jeu avec le moteur unity. Elle note les éléments graphiques que Miryam a déjà réalisés et ceux qui seront à faire pendant des deux prochaines semaines pour le retour de Simon.

Avec Simon, l’équipe a instauré qu’il y aurait une partie de jeux de rôles après leur journée de travail à chaque fois qu’il vient. C’est une bonne manière de fédérer l’équipe et de la souder. Elles jouent à Vampire : La Mascarade qui se déroule dans un univers sombre et contemporain.

Viviane est encore en stage avec Accidental Queens jusqu’en septembre. Après, elle partira travailler dans un autre studio.

L’heure tourne, les derniers préparatifs avant le GameCamp doivent être bouclés, les plannings calés et les objectifs notés. Chacune sait ce qu’elle a à faire pour le prochain rendez-vous dans deux semaines avec Simon.

« Tout le monde a son diadème ? On ne repasse pas au bureau donc il vous le faut » – Miryam.

Le diadème est leur signe distinctif sur les events.

Le Gamecamp commence demain mercredi, mais beaucoup de personnes se sont donné rendez-vous pour une soirée « off » afin de parler ensemble, de faire connaissance et de décompresser avant le début de l’événement.

« Pas de soirée “off” pour moi, je vous laisse, j’ai encore des détails à régler pour ma conf de demain, en plus j’ouvre, il n’y aura personne, c’est en même temps que celle sur « Dishonored » » – Elizabeth

Dès 8h00, Elizabeth se rend au centre de Lille pour le GameCamp. Elle y donne une conférence sur le fait de créer des jeux à impact social.

« J’ai choisi de faire ma conférences sans slides, il faut vraiment que je connaisse mes notes par cœur car je n’aurai pas de support visuel »

En plein coeur de Lille, le centre du nouveau siècle accueille, pendant deux jours, plus de 40 conférences et réunit une grande partie de l’industrie française du Jeu vidéo.

Le SNJV et Game-in organisent cet événement afin de donner une opportunité de partages, d’apprentissages, de rencontres et de possibilités professionnelles à des acteur•rice•s de cette industrie effervescente en France.

1er jour, les gens commencent à arriver, ils•elles récupèrent leurs badges dès 8h30 pour les premières conférences qui commencent à 10h00.

« Elizabeth ne veut pas que j’assiste à sa conférence, elle est stressée, je m’en fous, j’y vais quand même » – Miryam

« Je travaille depuis chez moi, mes collaborateur•trice•s depuis leurs appartements, pour rien au monde on ne voudrait retourner dans des bureaux » – Michaël, co-créateur du studio Mi-Clos à l’origine du jeu « Out There ».

L’auditorium est rempli, il est 9h30, les organisateur•trice•s du Gamecamp annoncent le planning, les informations importantes à savoir et donnent le coup d’envoi du premier Gamecamp !

Elizabeth se trouve face à une salle très remplie, elle qui ne pensait pas avoir beaucoup de monde, c’est le contraire. Beaucoup de personnes sont venues assister à sa conférence sur le fait de créer des jeux à impact social.

Après la conférence d’Elizabeth (20 minutes de speech et 10 minutes de questions-réponses) c’est François qui prend le relais. Il parle de la satire dans le monde lisse des jeux sur mobiles. Il est à l’origine du jeu « Reigns« .

« J’ai beaucoup de chance, Reigns a pris 9 mois de développement, je n’avais pas le droit à un jour de retard, mon fils naissait une semaine après la date de sortie de « Reigns », j’ai tenu les délais, pas le choix« .

Il y a des breaks assez régulièrement. Cela permet de prendre du temps pour parler avec les personnes que l’on désire rencontrer. Cyrielle, journaliste spécialisée dans le jeu vidéo, travaille pour Numérama et pose des questions à Diane sur certains points qu’elle va aborder dans sa conférence sur le dialogue entre les studios et les journalistes.

Dans le hall principal sont les écoles et les sociétés actrices de l’industrie du Jeu vidéo en France et dans le monde. Elles viennent présenter de nouvelles technologies, des offres d’emploi, rencontrer les futures personnes à embaucher et contacter pour leurs projets. C’est effervescent, tout le monde vogue de stand en stand pour rencontrer et partager.

Michaël donne sa conférence et prodigue des conseils pour pérenniser un studio après un succès sur mobile « Out There »

Des zones équipées de bornes d’arcade sont aussi mises à disposition pour faire une pause.

Un repas végane est proposé. La pause du déjeuner est faite de rencontres et d’échanges. C’est intense et à la fois reposant.

Yvan, Cyrielle et Antoine mangent ensemble. Yvan est le créateur de « We all end up alone » un jeu faisant incarner le •la joueur•euse, une personne atteinte d’un cancer. Il faut y gérer plusieurs éléments comme, son stress, son temps, son comportement et faire face à de nombreuses situations de la vie du personnage.

Nadia et Elizabeth discutent autour de la place des femmes dans l’industrie du JV.

L’événement est retransmis en direct grâce à l’équipe de radio NGT Live. Une émission de radio spécialisée dans le Jeu vidéo. Nicolas, Douglas, Antoine, et Tavrox sont là pour assurer le bon déroulement du projet. Ils ont un appartement situé à deux pas du centre de conférence, ils y déposent le matériel avant de se rendre à la soirée pro organisée pour les participant•e•s du Gamecamp.

La soirée est à l’image de l’événement. Un grand nombre de personnes parlent de travail, s’échangent des cartes de visite et discutent autour de futurs projets.

Tavrox est le premier levé de l’équipe de NGT Live. Il développe des jeux vidéo à Toulouse. Il est en ce moment sur le jeu « Double Kick Heroes« .

« J’ai peur d’enfoncer des portes ouvertes avec ma conférence » – Cyrielle donne sa conférence sur la relation entre les journalistes et les studios de jeux vidéo.

C’est devant une salle comble qu’elle transmet ses expériences et ses astuces pour tenir informé•e•s les journalistes.

Mylène assiste à la conférence de Cyrielle. Elle était cheffe de produit chez Ankama, sur le jeu Dofus pendant 6 ans. Elle est maintenant freelance et travaille pour GOG.com un site de distribution de jeux vidéo. Elle exerce depuis chez elle en Ardèche.

Olivier et Hadrien profitent d’un break entre les conférences pour faire connaissance. Ils travaillent dans des secteurs différents, mais complémentaires. Olivier a créé une société d’intelligence artificielle Matchable.io et Hadrien développe des jeux pour navigateurs. Ils font connaissance afin d’étudier de futurs projets en réunissant leurs compétences.

Pendant le break de l’après-midi, Michaël et William discutent autour de projets futurs. Le GameCamp est un événement où beaucoup de projets se créent et où les possibilités sont très grandes. Tout le monde peut parler à tout le monde, c’est une fourmilière.

Même pendant les conférences, le hall ne désemplit pas. Tout le monde a quelqu’un à rencontrer, avec qui parler et l’échange de cartes de visite est très répandu.

Dans d’autres salles, des expert•e•s en droit d’auteur et en comptabilité sont ici pour accompagner les participant•e•s au Gamecamp. Ils•elles répondent aux questions et lèvent des zones d’ombres sur la partie juridique du jeu vidéo.

Vendredi soir, c’est la fin de l’événement, plein de choses se sont passées, des conférences et des rencontres. Julien, Laurent et Mathieu sont dans le groupe d’organisation du Gamecamp. C’est dans l’auditorium que se passe le Post Mortem. Ils demandent l’avis des participant•e•s sur plusieurs points. C’est avec un vote à main levée que ces sujets sont abordés et seront améliorés pour l’année prochaine.

Après la clôture du GameCamp 2017, plusieurs groupes se forment et le jeu ne quitte pas les discussions. Armel, créateur du jeu « Vignettes« , apporte un jeu de société.

« J’ai défoncé le mec, je n’ai pas fait exprès, mon personnage est trop fort et Simon ne m’a pas arrangée en me rendant folle » – Viviane raconte à table ses mésaventures rencontrées dans une de leurs parties de Vampire la mascarade.

Il est tard et l’émulateur de Douglas tourne encore. Il présente certains jeux auxquels il joue pour l’écriture de son prochain livre. La nuit se termine aux alentours de quatre heures du matin. Tout le monde est fatigué, ravi et triste de la fin de cet événement.

Les adieux sont brefs, car tout ce petit monde se retrouvera d’ici un mois à Cologne en Allemagne pour un gigantesque salon, la Gamescom 2017.



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