[La sélection de la rédaction] Bond, L’espion qu’on aimait ou James Bond sous un autre jour

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Tenez-le vous pour dit, James Bond ne reviendra pas avant le 8 novembre 2019. Pourtant, il est bel et bien possible de découvrir le célèbre agent secret sous un nouveau jour pendant que vous avez les pieds dans le sable, ou dans un sac de couchage si vous êtes plus camping que bord de mer. Ainsi, le livre dans un registre totalement différent a retenu notre attention cet été : Bond, L’espion qu’on aimait.

Ainsi, Frédéric Albert Lévy s’est posé une question simple : peut-on parler de James Bond, non pas à travers ses films, mais via de grandes thématiques ? Il faut dire que la tâche est loin d’être simple. James Bond reste la plus vieille saga de l’histoire du cinéma… Après Superman, Godzilla et King Kong certes, mais ni le surhomme en justaucorps bleu et en slip rouge, ni le singe amateur de monuments classés, ni le lézard géant mal luné n’ont connu la régularité de l’espion britannique. Qui plus est, avant d’être un héros du VIIe art, James Bond sévissait dans la littérature.

Permis de lire

Après des mois de recherches, d’analyses et d’écritures, Frédéric Albert Lévy tente de répondre à cette problématique avec Bond, l’espion qu’on aimait. Et… C’est plutôt réussi. Le lecteur est amené à s’intéresser à la remise en question constante de l’univers de Bond à travers des thèmes comme la relation de l’agent secret avec les méchants, les femmes ou encore les gadgets.

« Les gadgets font partie intégrante de l’identité de Bond », souligne Frédéric Albert Lévy. « Encore faut-il qu’ils soient utilisés de manière personnalisée ». L’auteur entend par là que les gadgets doivent montrer l’inventivité du personnage, et non servir de ressort narratif.

Frédéric Albert Lévy écrit ainsi que « le rôle des gadgets n’est pas aussi simple qu’on pourrait l’imaginer […]D’un côté, ils sont là pour permettre à Bond de se tirer d’une situation périlleuse, donc imprévue sinon imprévisible. De l’autre, s’ils s’adaptent parfaitement à cette situation, c’est qu’elle était prévisible ».

« Pour moi, la séquence la plus ridicule se trouve dans Demain ne meurt jamais, lorsque Pierce Brosnan coupe une corde tendue devant lui avec une scie montée sur sa voiture », nous confie Frédéric Albert Lévy. Je trouve ça idiot parce que vous pouvez tout prévoir, mais pas un truc pareil. Ce n’est pas une invention ou un détournement de la part du personnage (contrairement au pistolet à air comprimé dans Vivre ou laisser mourir), mais une idée comique de scénariste ».

L’ouvrage propose également une étude de thématiques moins évidentes comme la temporalité, ou l’image de la mort.

« Bond est inscrit dans le temps. Il est éternel, mais il vieillit », nous explique Frédéric Albert Lévy. Pour lui, les films Bond sont plus le témoin d’une période historique que d’un contexte géopolitique précis. « D’autant qu’on constate que les histoires se centrent de plus en plus sur le personnage, malgré l’augmentation des budgets. Il y a une compensation de l’ampleur par le rétrécissement ». Preuve, s’il en est, que le contexte géopolitique semble avoir moins d’importance que le héros.

Concernant la mort, Frédéric Albert Lévy rappelle que le terme « assassin » souvent employé pour qualifier James Bond n’est pas aussi péjoratif en anglais que dans la langue de Molière. « [Assassin] désigne simplement un agent ‘exécuteur’, mais, même si Bond ne vise pas les mêmes buts que les méchants, il n’en a pas moins recours à des outils analogues ».

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L’auteur souligne aussi la ressemblance que peut avoir James Bond avec les héros des mythes littéraires. Il en veut pour exemple le mythe d’Orphée, qu’il compare à la fin de Casino Royale, où le héros descend en enfer pour tenter de sauver, en vain, sa dulcinée (ici James Bond essaye sans réussir à sauver Vesper de la noyade).

For your eyes only

L’autre force de Bond, L’espion qu’on aimait est qu’il offre plusieurs regards sur la saga. Une vision intérieure pour commencer, avec l’interview de certains des réalisateurs qui ont fait Bond, ainsi que d’Albert R. Broccoli, producteur iconique de la licence. Mais aussi un regard extérieur avec l’avis de sept réalisateurs français, dont Philippe Labro, Patrice Leconte ou Yves Boisset.

Et les avis sont partagés quant à l’apport de Bond au cinéma. Par exemple, Philippe Labro ne se dit plus surpris par les films Bond. « Aujourd’hui, c’est encore très bien, les moyens sont là, les effets spéciaux, virtuels, tout ce que vous voulez – mais au bout d’une heure, je regarde ma montre », confie le réalisateur de L’Alpagueur à Frédéric Albert Lévy.

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Pour Christophe Gans en revanche, ce sont les aventures cinématographiques de l’agent britannique qui lui ont donné l’envie de se lancer dans le cinéma. « [Les films Bond] s’imposent comme mon premier vrai souvenir de cinéma […] C’est avec les ‘Bond’ que j’ai rencontré le cinéma populaire et adulte ».

Enfin, sans tomber dans le catalogage exhaustif, Frédéric Albert Lévy ne peut s’empêcher d’analyser quelques épisodes de la saga. Cet exercice, qui peut sembler de prime abord laborieux (et qui pourtant ne l’est pas), permet de comprendre à quel point James Bond a su se remettre en question au fil de ses films, et comment cette saga quinquagénaire est bien partie pour vivre un autre jour.



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