Retour sur la résurrection fulgurante de Zone Téléchargement

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Moins d’un an après la fermeture de Zone Téléchargement (ZT pour les intimes), sa copie mise en ligne sur ses cendres opère un retour réussi. Ses nouveaux administrateurs avaient tout prévu afin de s’en mettre plein les poches. Pour l’amour du cinéma et les idéaux de partage, on repassera !

En novembre dernier, Zone Téléchargement tombait sous les coups de boutoir des autorités : trois personnes étaient placées en garde à vue. Depuis, les deux principaux administrateurs sont sous les verrous et leurs avoirs ont été saisis : voitures de luxe (Jaguar notamment), biens immobiliers, liquidités, comptes épargnes et comptes offshore à Malte, Chypre ou au Belize.

Une énorme popularité en France

À l’heure de sa fermeture, ZT est l’un des sites de téléchargement (films, musiques, séries, jeux) les plus populaires de France : 15e site web le plus consulté du pays (source Alexa) et 3,7 millions de visiteurs uniques par mois.

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Mais pas le temps de sécher ses larmes qu’il faisait déjà sa réapparition quelques semaines plus tard, sous différentes formes, dont une copie (zone-telechargement.ws – ZTws) hébergée aux Samoa et lancée par un groupe de personnes bien décidées à « reprendre les choses en main ».

capture d’écran

Un retour prémédité

La forte demande de la communauté portera cette copie presque au même niveau que son prédécesseur. Moins d’un an plus tard, Zone Téléchargement est actuellement le 29e site le plus consulté de France.

Selon la Hadopi, ce retour en force est moins le résultat d’une communauté de cinéphiles ou d’internautes libertaires, qu’une démarche préméditée dont le seul but est de réaliser un maximum de profits.

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Objectif ? Money, money, money

Ainsi, le nom de domaine a été acheté en 2014, soit 2 ans avant la fermeture de Zone Téléchargement. Peu utilisé avant cela, il a notamment servi à tester une mise en page similaire à ZT. Ce qui a permis à ses nouveaux administrateurs de mettre en ligne leur copie presque instantanément après la fin annoncée de ZT.

Les premières semaines, le site est alimenté par une poignée de contributeurs chargés de constituer rapidement un catalogue. Entre décembre 2016 et février 2017, 14 comptes différents seulement mettent en ligne 90 % du contenu disponible, soit près de 1 230 fichiers uploadés chaque semaine.

Dans un second temps, les fichiers sont ajoutés au rythme de croisière de 420 fichiers par semaine, principalement des nouveautés. En juin, le catalogue comprend 17 000 films, 57 000 épisodes de séries et quelque 500 jeux vidéo. Pas vraiment du travail de passionnés, mais plutôt de professionnels.

Un nouvel aveu d’échec pour la Hadopi

« L’activité de certains comptes contributeurs laisse supposer un travail à temps plein au regard des volumes en cause », estime ainsi la Hadopi.

D’ailleurs, les nouveaux administrateurs ont repris, en partie, le modèle de ZT : son positionnement français déjà, et son modèle économique basé sur la publicité et l’affiliation, à quelques ajustements près. En effet, aucun lien n’est présenté sur le site, seulement sur protect-zt.com qui mène ensuite aux fichiers à télécharger. Ce qui leur permet d’éviter les demandes de déréférencement des ayants droit, mais aussi de placer de la publicité supplémentaire. Zone Téléchargement a généré 10 millions d’euros de chiffre d’affaires depuis sa création en 2011. De quoi donner des idées…

Toutefois, cette résurrection sonne comme un aveu d’échec pour la Hadopi et un signe de plus que la lutte contre le piratage est, soit inefficace, soit inadaptée (ou les deux).



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