pourquoi le score DxOMark ne doit pas totalement vous influencer

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Nous finissons par tous connaître DxOMark, le fameux laboratoire qui teste la qualité des appareils photo de nos smartphones et leur offre une note. Alors que tous les constructeurs comme Google, Samsung ou HTC nous offrent leur note pour juger de leurs smartphones avant de les avoir en main, voici un rappel important : ne vous fiez pas totalement à cette note.

DxoMark

Les smartphones sont devenus un produit courant, faisant que n’importe qui en possède un. Toutefois, tous les appareils ne se valent évidemment pas, non seulement par leur prix mais aussi par les composants qu’ils intègrent. Plus le prix baisse, et plus les sacrifices se ressentent, ce qui force souvent les constructeurs à faire des choix.

Mais que demande vraiment le peuple ? En vérité, la puissance brute est souvent le dernier point cité par le grand public. Deux points sont les plus plébiscités : l’autonomie de l’appareil d’une, et les capacités photo. Les années passent et les smartphones se sophistiquent sur ce point, comme avec la plus grande adoption des doubles capteurs photo ces deux dernières années.

Pour juger de leur qualité de la manière la plus impartiale qui soit, on utilise bien souvent le score DxOMark, donné par l’entreprise française DxO qui se spécialise dans la photo et fait subir des tests rigoureux aux smartphones pour leur offrir une note globale. Aujourd’hui, même les constructeurs sont fiers de les mettre en avant, comme Google avec le score de 99/100 de son Pixel 2. Mais doit-on vraiment s’y fier ?

DxOMark demande une lecture plus approfondie

En tant qu’indicateur classique, DxOMark remplit parfaitement sa mission : nous donner en un clin d’oeil une appréciation de ce que sont les capacités effectives des capteurs photo de nos smartphones. Et les constructeurs en jouent bien évidemment : depuis quelques années maintenant, nous sommes habitués à voir ces scores apparaître lors des conférences, avec toujours une petite lutte. Début 2017, les Galaxy S7 obtenaient le meilleur score de la plateforme… avant qu’en fin d’année, le Google Pixel ne se démarque en gagnant un point de plus pour devenir « le meilleur ».

Ce qu’oublient souvent de dire les constructeurs, et très souvent nous autres journalistes du même temps, dans l’excitation de cette nouvelle est que le score DxOMark est en vérité une échelle basée sur plusieurs facteurs ayant chacun leurs scores. Si nous regardons dès aujourd’hui les derniers tests en vogue, à savoir ceux du Galaxy Note 8 (94/100) et du Pixel 2 (98/100), on peut observer que la conclusion est bien plus nuancée qu’une simple note finale ne saurait le faire.

Sur la photo et uniquement la photo, le Note 8 obtient un score parfait de 100, contre 99 pour le Pixel 2. L’appareil photo de Samsung a notamment pour lui un bruit moins présent sur les captures en basse luminosité, l’une des fonctionnalités les plus prisées pour un appareil mobile actuellement. Est-ce alors normal que le Pixel 2 soit vu comme largement supérieur, sachant que son score final bien plus haut provient de ses capacités vidéo ?

La réponse est très simple : non. Ca ne l’est pas. Mais dans un monde où les informations sont désormais lues par le prisme des réseaux sociaux, le fait de prémâcher la réponse à une question complexe par le biais d’une note fait qu’on oublie les tests rigoureux réalisés pour condenser de cette manière. Or, alors que les capteurs photo de nos smartphones deviennent toujours plus puissants, il devient difficile de les comparer puisque leurs différences sont très subtiles.

La problématique DxO Analyzer

DxOMark n’est pas le seul produit créé par DxO, dont la principale mission est un travail de consultant auprès des constructeurs afin de créer les meilleurs produits. Pour cela, ils vendent le DxO Analyzer, une plateforme de test intégrant autant un protocole rigoureux que des outils logiciels afin de tirer les meilleures performances des capteurs, aussi bien sur mobile que dans la photographie en général.

La plateforme coûte cher, le coût reflétant tout de même l’expertise des employés de DxO en matière de photographie et de conception de protocoles de test. Cela devient évidemment une preuve de leur intérêt. Mais ne pourrait-on pas retourner la problématique contre eux, ou plutôt contre les constructeurs eux-mêmes ?

Si DxOMark est devenu un argument marketing, un créateur de mobile voudra nécessairement recevoir le meilleur score sur la plateforme. Pour cela, quoi de mieux que de passer par DxO Analyzer afin d’être certains de bien passer les tests rigoureux des experts de celle-ci ? On pourrait presque y voir une sorte d’antisèche ultime, la copie d’un contrôle fournie avec les bonnes réponses d’entrée de jeu qu’il ne s’agit plus que de savoir ressortir au bon moment.

Est-ce toutefois si comparable ? Si l’on peut effectivement voir cela de la sorte, il ne faut pas oublier de considérer le résultat final : si les constructeurs suivent ces guidelines très strictes dictées par des professionnels, la qualité finale des appareils ne va qu’en grandissant. Il paraît difficile d’y trouver un point négatif dans l’absolu, puisque la technique pure ne saurait tricher.

Le score DxOMark ou la beauté

oneplus 5 test appareil photo

La véritable problématique est finalement tout autre, et est affaire de subjectivité. La photographie, que l’on parle de mobile ou du sens large du terme, est autant une affaire d’objectivité que de subjectivité. Les tests rigoureux développés par DxO, qui sont utilisés dans le cadre de DxOMark, permettent évidemment de faire ressortir tous les aspects objectifs d’un appareil photo : la qualité de la lentille, du capteur, l’optimisation de son processeur dédié, tant de choses qui ont affaire à du mécanique, du palpable, quelque chose qui se doit effectivement objectivement d’être bon.

Problème étant que la photo est aussi… un art. Et, en tant que tel, est sujet à énormément de subjectivité. On peut voir s’exprimer ce trait dans le fait que certains préféreront toujours des photos très contrastées, quand d’autres aiment à ce que les couleurs s’approchent le plus fidèlement possible au naturel. C’est la notion de beauté qui est mise en jeu, et est purement subjective.

Or, si tous les constructeurs se plient aux tests de DxOMark… ils se plient également à leur jugement de la qualité d’un appareil. Comprenez bien : évidemment, le protocole de DxOMark enlève toute notion de subjectivité autant qu’il est humainement possible de le faire. Mais il restera toujours une part de subjectivité à cela, et c’est parfaitement naturel et compréhensible. Or, si tout le monde suit ce protocole, tout le monde s’enferme dans une manière unique d’appréhender l’objet photographique : c’est le souci des monopoles.

Qui plus est, DxO intègre petit à petit de nouveaux tests afin de s’adapter aux doubles capteurs photo. Mais l’arrivée des doubles capteurs photo a moins renforcé les qualités objectives de nos smartphones, les capteurs restant fondamentalement les mêmes, que l’aspect ludique subjectif de l’outil. Aussi, la part de subjectivité des tests DxOMark va naturellement augmenter.

DxOMark ne fait pas tout

google pixel 2 photo

Par ce dossier, nous voulons donc exprimer deux points très importants de lecture des scores DxOMark. Le premier est de ne jamais oublier que la note finale des protocoles très pointus de l’autorité est un indicateur important… pour vous donner envie d’en lire le test complet, et pas véritablement comme un point de comparaison avec d’autres smartphones. Qui plus est, alors que son potentiel marketing est désormais bien connu des constructeurs, mieux vaut toujours revérifier les propos de ceux voulant vous vendre leur smartphone.

Au-delà de ça, n’oubliez pas le caractère subjectif de la photo. Vous n’avez pas à avoir honte de préférer les photos d’un smartphone noté 90 plutôt que celles d’un concurrent noté 99 : c’est parfaitement naturel. Parfois, la colorimétrie sera parfaite pour vous, le bruit traité d’une manière spécifique et plaisante pour votre oeil, et ce n’est pas quelque chose qu’un indicateur aussi impérieux pourra vous indiquer : vous pouvez vous faire confiance.






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