Become Human, son créateur David Cage réagit

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Attendu pour le premier semestre de 2018, Detroit : Become Human est forcément très attendu par les joueurs du monde entier. David Cage, son créateur, doit néanmoins faire face à des accusations depuis quelques jours du côté de l’Australie et du Royaume-Uni où plusieurs associations ont décidé de monter au créneau. Plus précisément, on évoque la séquence dévoilée durant la dernière Paris Games Week où l’on pouvait voir Kara, une androïde employée de maison devoir faire un choix : obéir à son maître ou décider de sauver la petite fille victime des mauvais traitements de son père qui la battait à coups de ceinture, jusqu’à la laisser sans vie.

« Moins d’empathie pour les victimes de la violence »

Selon 9News, cet épisode du jeu a choqué et la NAPCAN (National Association for Prevention of Child Abuse) qui lutte contre la maltraitance envers les enfants a récemment réagi via sa directrice générale adjointe, Leesa Waters :

Le contenu de ce jeu est si horrible qu’il est capable de traumatiser quiconque le regarde, surtout les personnes ayant elles-mêmes été victimes de violences domestiques. Nous demandons aux boutiques de prendre leurs responsabilités concernant la commercialisation de jeux comme celui-ci.

Le message est donc clair : l’association souhaite que Detroit : Become Human ne soit purement et simplement pas commercialisé en Australie. La NAPCAN s’est également basée sur des analyses de psychologues qui estiment que des jeux aussi immersifs et interactifs pourraient pousser les jeunes à des actes de violence.

« Jouer à un jeu comme celui-ci ne transformera pas un individu en infanticide mais cela contribue à l’acceptation et à la tolérance de la culture de la violence. Si vous jouez à un jeu où la violence est importante, et qu’elle est représentée de façon réaliste, vous aurez plus de facilité à la tolérer dans votre vie. Vous aurez aussi moins d’empathie pour les victimes de cette violence. » déclare même un professeur de a Queensland Universtiy of Technology.

Au Royaume-Uni, c’est la journaliste Esther Rantzen, fondatrice de l’association ChilLine qui explique, dans le DailyMail, qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’un jeu malsain et repoussant.

La violence envers les enfants n’est pas du divertissement. Ce n’est pas un jeu. C’est un cauchemar réel pour des milliers d’enfants qui ont vécu ce scénario. Les développeurs de ce jeu devraient avoir honte. Je pense que c’est mauvais. Qui pense que battre un enfant est du divertissement ?

Là encore, un appel au boycott est lancé à moins que Sony ne décide de retirer la scène. « Les développeurs de jeux ont le devoir de protéger les enfants et leur responsabilité s’étend aux enfants virtuels » affirme-t-elle.

« Il n’y a pas de limites »

David Cage

Face à ces polémiques, David Cage a eu un droit de réponse. Le créateur de Detroit, mais aussi de Beyond : Two Souls ou d’Heavy Rain avant cela explique ainsi que son jeu ne se focalise aucunement sur les violences domestiques. Pour lui, un jeu vidéo est aussi légitime qu’un livre ou qu’un film pour explorer et dénoncer certains sujets.

Il y a des choses que je ne ferai jamais comme un jeu raciste, misogyne. Voilà les limites. Quand vous vous sentez en accord avec le contenu et le sens, quand vous savez qu’il n’y a pas à avoir honte parce que c’est juste et que cela raconte la bonne histoire et que c’est émouvant, il n’y a pas de limites.

Si je devais donner mon avis sur le sujet, j’ajouterais simplement que le jeu de destine à un public averti et, normalement, assez mature pour comprendre qu’il ne s’agit pas de réalité mais simplement d’une fiction. Qui plus est, ce qui nous est demandé est de faire un choix et, bien heureusement, de lutter contre ces violences afin de sauver la petite fille d’un père sous l’emprise d’alcool. La violence n’est donc pas mise en valeur mais bien représentée comme une déviance humaine, extrêmement néfaste. Mais là encore, quand il s’agit de jeux vidéo, le débat ne peut qu’être ouvert.



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