On a posé quelques questions à Jérémie Périn et Laurent Sarfati, les créateurs de la série Lastman

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Après une diffusion discrète l’année dernière sur France 4, la série animée Lastman, qui se place en préquel de la bande dessinée de Bastien Vivès, Balak et Michaël Sanlaville, débarque enfin en Blu-ray et DVD. Histoire de faire les choses bien à l’approche des fêtes de fin d’année, Wild Side se fend même d’un coffret collector bourré de contenus additionnels et de goodies. De notre côté, on s’est dit que l’occasion était bonne pour aller poser quelques questions à Jérémie Périn et Laurent Sarfati, les cerveaux derrière cette série animée pour adultes.

Journal du Geek : La série vient enfin de sortir en DVD et Blu-ray, pouvez-vous revenir sur le développement de Lastman ?

Jérémie Périn : Ce qui est étonnant, c’est que la série n’a pas été difficile à monter, parce que c’est toujours le b***** de monter une série.

Laurent Sarfati : Ça a été plutôt facile à démarrer, car on a eu que des feux verts.

J.P. : En revanche, cela a été difficile à terminer. Il a fallu qu’on rushe la fin pour pouvoir être diffusé à temps sur France 4. Et encore, tout a été diffusé en express, en quatre semaines, avec des soirées de 6 à 7 épisodes.

L.S. : En fait, les feux sont passés au rouge assez tard dans la prod’. Pendant longtemps, on était sûr que tout allait bien, et on pensait qu’on avait beaucoup plus d’argent que ça. (rires)

J.P. : Quoi qu’il en soit, la série a eu une vie hyper courte et discrète en terme de diffusion. Seuls les initiés et quelques chanceux en ont entendu parler et ont eu l’occasion de la suivre. C’est pour ça que ça fait ultra plaisir que ça sorte en Blu-ray et DVD. Qui plus est dans des éditions complètement dingues. On a l’impression d’être enfin pris au sérieux.

Pourquoi vous êtes-vous tournés vers l’animation pour adultes ? Et surtout pourquoi choisir l’univers de Lastman ?

J.P. : L’animation pour adultes nous a toujours plu, car on a envie de faire des dessins animés qu’on aimerait voir, tout simplement. J’ai du mal à me mettre dans la peau d’un enfant. En tout cas, d’un enfant imaginé par les chaînes de télévision, car mon enfant intérieur n’est clairement pas le même.

L.S. : Il faut dire que l’enfant des chaînes de télévision n’existe pas.

J.P. : Le problème est qu’à chaque fois que l’on proposait un truc original, on essuyait des refus.

L.S. : On nous disait : « Ouais c’est super, je n’ai jamais lu un truc comme ça… On ne va pas le faire. » (Rires)

J.P. : Et puis on a été approché pour faire Lastman. France Télévisions était non seulement intéressée, mais elle était derrière le projet. On n’a pas eu besoin de convaincre une chaîne. Pour la petite histoire, je ne voulais pas le faire au début et ce qui m’a convaincu de changer d’avis, c’est que nous devions raconter une autre aventure que celle de la bande dessinée.

L.S. : C’était une demande des auteurs du manga de faire un préquel parce qu’ils ne voulaient surtout pas qu’on raconte la même histoire. Ça les ennuyait. Ils voulaient justement devenir spectateurs et découvrir leur univers qui continue à vivre. C’est à partir de ce moment-là qu’on s’est dit que c’était fait pour nous.

Était-ce compliqué d’imaginer un préquel à Lastman ?

J.P. : Pas spécialement.

L.S. : En fait, l’univers de Lastman se prête bien à l’exercice, car il y a tellement de portes et de fenêtres ouvertes, de points d’interrogation laissés ça et là qu’on avait matière à travailler. Ce qui était vraiment difficile, c’était de les obliger [les auteurs de Lastman, ndlr] à fixer des choses qui étaient floues pour eux, et qui les arrangeaient que ce soit flou. Leur demander par exemple : « C’est qui ce personnage ? D’où vient Richard ? Pourquoi il est là ? » Ça les a obligés à se poser la question, et on les a aidés à répondre à ces problématiques. Je pense, en toute modestie, que ça a vachement amélioré la qualité de l’univers Lastman.

Comment envisagez-vous l’avenir de Lastman dans l’animation ?

J.P. : Pour le coup, les réponses vont être différentes. Perso, je ne vois pas d’avenir pour Lastman en série. Pas que je sois opposé à l’idée, n’étant pas l’ayant droit, je n’ai pas mon mot à dire, mais je ne vois pas ce que l’on peut raconter d’autre. La Vallée des Rois ne m’intéresse pas, j’ai pas forcément envie de la montrer. D’autant que je n’aime pas l’heroic fantasy.

L. S. : C’est d’ailleurs pour ça que la première saison ne se passe pas dans la Vallée des Rois. (Rires) Pour moi, il faut une saison 2 pour faire de Lastman une série. Honnêtement, les séries qui n’ont qu’une saison me crèvent le coeur. Je me suis marré à faire Lastman et j’ai vraiment envie de faire la suite.

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