[Critique] Captain Marvel tutoie-t-elle les étoiles ?


Direction les confins de la galaxie, avec Captain Marvel. Une origin story pas comme les autres. En nous plongeant immédiatement au cœur du sujet, nous évitant par la même occasion le récit initiatique du héros, le film surprend par sa construction. Le scénario ne souffre d’aucune longueur et nous emporte. L’intrigue bien amenée ne se perd pas dans de futiles détails. L’action est omniprésente sans pour autant être un frein à la lecture.  On ne frôle pas la crise d’épilepsie car entre deux scènes d’actions, le film offre de beaux moments suspendus, notamment avec la meilleure amie de Carol Danvers et sa fille.

Captain Marvel

Pour rappel, Captain Marvel retrace l’histoire de Carol Danvers qui, dans les années 90, devient l’une des héroïnes les plus puissantes qui aient jamais existé. Alors que la Terre devient le théâtre d’un conflit galactique entre deux races extraterrestres les Kree et les Skrulls, Captain Marvel n’a qu’une solution : intervenir.

Entre Infinity War et Endgame

En plus d’être le dernier film avant le chapitre final d’Avengers, Captain Marvel a la lourde tâche d’en dévoiler un peu plus sur l’histoire du S.H.I.E.L.D. Après Captain America : First Avenger et les balbutiements de l’organisation, on retrouve Fury et les autres face à une nouvelle menace qui vient d’ailleurs. Même s’il n’est pas nécessaire d’avoir vu les autres films de l’univers pour l’apprécier, les aficionados découvriront avec délectations ce film qui se déroule avant Iron Man. À moins de deux mois du chapitre final Endgame, le film ne vous dévoilera pas d’informations sur son intrigue mais fait figure d’entrée en matière. La seule chose que l’on retient : Thanos a du souci à se faire. Captain Marvel est sans conteste l’héroïne la plus puissante de l’univers et va irrémédiablement réduire le titan mauve en poussière.

Captain Marvel

Captain Marvel vole toujours plus haut

Introduire un personnage d’une telle ampleur n’est pas aisé, mais Anna Boden et Ryan Fleck s’en sortent plutôt bien. Le personnage de Carol Danvers est crédible, attachant et offre de beaux moments d’humour. Bien loin du stéréotype du super-héros comme pouvait l’être Thor dans les premiers opus, Captain Marvel est avant tout humaine et en est d’autant plus touchante. Fini les Pepper Potts secourues par leurs preux chevaliers, les Scarlet Witch reléguées à tort au second plan, la nouvelle héroïne Marvel crève l’écran et s’investit d’une mission : faire rêver les petites filles. Le personnage ne devient à aucun moment caricatural et est vecteur d’un puissant message. Brie Larson brille, littéralement, dans cette figure héroïque un peu sarcastique, parfois bad-ass et souvent inspirante.

Difficile cependant de ne pas faire la comparaison avec Wonder Woman, premier film du DCEU réalisé et porté à l’écran par une femme.  Après sa sortie en 2017, Marvel arrive un peu après la bataille. Wonder Woman se plaçait comme précurseur en mettant des femmes, devant et derrière la caméra. Un pari qui a payé puisque le film aura rapporté 821,8 millions au box-office américain. Malgré ce succès, le long-métrage tombait parfois dans les pièges du genre et souffrait de la relation insipide entre Diana Prince et Steve Trevor. Carol Danvers, à l’inverse de son alter-ego DC, n’a pas besoin d’une romance pour exister. Là où le rôle d’ingénue de Gal Gadot nuisait parfois à sa crédibilité, Captain Marvel s’affiche comme personnage féminin, déterminé et redoutable.

Captain Marvel

Mais l’ancien pilote de l’Air Force,  n’est pas le seul personnage intéressant du long-métrage. Il est clair que le retour de Fury n’est pas étranger au succès du film. Apportant une dose d’humour non-négligeable, Samuel L.Jackson réussit à réinventer son personnage pour notre plus grand plaisir. Beaucoup moins sombre que dans les précédents films, on redécouvre l’ancien directeur du S.H.I.E.L.D. et on en redemande. Dès Avengers, le choix de Jackson au casting s’était révélé payant et encore une fois le personnage brille par sa désinvolture.

Côté casting féminin, il y a aussi du beau monde. Annette Bening, donne la réplique à Brie Larson à quelques rares moments mais c’est Lashana Lynch qui s’illustre comme le personnage secondaire par excellence. Meilleure amie de Carol Danvers et mère de famille, elle est d’un soutien sans faille et ramène le personnage à son humanité. On n’échappe malheureusement pas au cliché de la petite fille qui se retrouve émerveillée face à la super-héroïne et qui n’est pas sans rappeler le rôle de la progéniture de Scott Lang dans Ant-man.

Mais cela n’a que peu d’importance, car s’il est bien un personnage qui trouve merveilleusement sa place dans le film c’est Goose. Le chat emblématique des comics suscite autant les rires que les soupirs.  Personne ne saurait rester de glace face à la mignonne boule de poils qui devrait rapporter gros à Disney pour ses ventes de produits dérivés. Comme Groot avant lui, Goose devrait conquérir les cœurs des fans.

Une recette qui fonctionne toujours

Les amateurs de castagne, en auront pour leur compte avec ce film. Marvel s’est illustré par ces affrontements, à l’image de la bataille de New-York dans le premier Avengers,  et Captain Marvel ne déroge pas à la règle, même s’ils sont moins nombreux et épiques qu’à l’habitude. Les scènes de combats sont bien réalisées. Brie Larson, qui s’est beaucoup entraînée, est à la hauteur du challenge. Millimétrées, les chorégraphies sont impressionnantes et s’enchaînent sans jamais nous lasser. Servies par une photographie assez efficace, certaines scènes restent mémorables tant l’univers est assumé. Ben Davis qui avait déjà opéré sur Doctor Strange joue avec les couleurs et les lumières assez intelligemment, mais ne rend pas toujours justice aux paysages américains qu’il traite. Les effets visuels sont sans surprises extraordinaires, à l’image du rajeunissement de Samuel L. Jackson beaucoup plus convaincant que Tony Stark dans Civil War.

CAPTAIN MARVEL

Retour vers les 90’s

Vous l’aurez compris, le film a pour toile de fond les années 90. Pour tous ceux qui ont grandi à l’époque des pagers et des modem 56 K, le film est une délicieuse madeleine de Proust. Sans jamais tomber dans la surenchère, le récit est ponctué de références plus drôles les unes que les autres. Côté bande-sonore, les fans de rock seront servis, Captain Marvel et son juke-box réservent quelques surprises. Les titres viennent rythmer le film avec justesse et vous ferons inexorablement battre le rythme, voire même fredonner… La musique originale est quant à elle signée par une compositrice turque. Pinar Toprak, avec Captain Marvel, devient la première femme à mettre en musique un film du genre. Celle qui a déjà œuvré sur Fortnite, donne naissance à un thème principal qui marque les esprits, sans être malheureusement du même acabit que le travail de Tyler Bates sur les Gardiens de la Galaxie ou d’Alan Silvestri sur Avengers.

Tradition chez la maison des idées, les scènes post-crédits réservent leur lot de surprise. Les fans resteront jusqu’à la fin de la séance pour les découvrir. On espère que Marvel continuera sur sa lancée et choisira de porter plus d’héroïnes féminines à l’écran dans sa quatrième phase. Un film centré sur Black Widow est actuellement en réflexion avec Cate Shortland aux commandes. On trépigne déjà.



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